miercuri, 7 decembrie 2011
duminică, 20 noiembrie 2011
SCRUPULE - strategii cheie pentru învingerea lor (franceză)
Le scrupule est une maladie physique et morale, qui produit une sorte d'affolement dans la conscience, et lui fait craindre, pour des motifs futiles, d'avoir offensé Dieu. Cette maladie n'est pas particulière aux commençants ; mais elle se rencontre chez eux aussi bien que chez des âmes plus avancées. Il faut donc en dire un mot, et exposer : 1° sa nature ; 2° son objet ; 3° ses inconvénients et avantages ; 4° ses remèdes.
I. Nature du scrupule
Le mot scrupule (du latin scrupulus, petit caillou) a désigné pendant longtemps un poids minuscule sous lequel ne s'inclinaient que les balances les plus sensibles. Au moral il désigne une raison minutieuse dont seules se préoccupent les consciences les plus délicates. De là il en est venu à exprimer l'inquiétude excessive qu'éprouvent certaines consciences, sur les motifs les plus futiles, d'avoir offensé Dieu. Pour mieux en connaître la nature, expliquons sa provenance, ses degrés, sa distinction d'avec la conscience délicate.
Provenance. Le scrupule provient tantôt d'une cause purement naturelle, tantôt d'une intervention surnaturelle.
a) Au point de vue naturel, le scrupule est souvent une maladie physique et morale. 1) La maladie physique qui contribue à produire ce désordre, est une sorte de dépression nerveuse, qui rend plus difficile une sage appréciation des choses morales, et tend à produire la pensée obsédante qu'on a commis un péché, et cela sans raison sérieuse. 2) Mais il y a aussi des causes morales qui produisent le même résultat : un esprit méticuleux, qui se noie dans les plus petits détails, qui voudrait avoir une certitude absolue en toutes choses ; un esprit mal éclairé, qui se représente Dieu comme un juge non seulement sévère, mais impitoyable ; qui, dans les actes humains, confond l'impression avec le consentement et s'imagine avoir péché parce que l'imagination a été fortement et longuement impressionnée ; un esprit entêté, qui préfère son propre jugement à celui de son confesseur, précisément parce qu'il se laisse guider par ses impressions beaucoup plus que par la raison. Quand ces deux causes, physique et morale, sont réunies, le mal est plus profond, plus difficile à guérir.
937. b) Le scrupule peut provenir aussi d'une intervention préternaturelle de Dieu ou du démon. 1) Dieu permet que nous soyons ainsi obsédés tantôt pour nous châtier, surtout de notre superbe, de nos mouvements de vaine complaisance ; tantôt pour nous éprouver, nous faire expier les fautes passées, nous détacher des consolations spirituelles, et nous amener à un plus haut degré de sainteté ; c'est ce qui arrive particulièrement aux âmes que Dieu veut préparer à la contemplation, comme nous l’exposerons en traitant de la voie unitive. 2) Le démon vient aussi, parfois greffer son action sur une prédisposition morbide de notre système nerveux pour jeter le trouble dans notre âme : il nous persuade que nous sommes en état de péché mortel pour nous empêcher de communier, ou pour nous gêner dans l’accomplissement de nos devoirs d'état ; surtout il essaie de nous tromper sur la gravité de telle ou telle action, afin de nous faire pécher formellement, alors même qu'il n'y a pas matière à péché et surtout à péché grave.
Degrés. Il y a évidemment bien des degrés dans le scrupule : a) au début, ce n'est qu'une conscience méticuleuse, craintive à l'excès, qui voit le péché là où il n'est pas ; b) puis ce sont des scrupules passagers qu'on soumet au directeur, mais en acceptant immédiatement la solution qu'il donne ; c) enfin le scrupule proprement dit, tenace, accompagné d'entêtement.
939. 3° Différence d'avec la conscience délicate. Il importe de bien distinguer la conscience scrupuleuse de la conscience délicate ou timorée. a) Le point de départ n'est pas le même : la conscience délicate aime Dieu avec ferveur et, pour lui plaire, veut éviter les moindres fautes, les moindres imperfections volontaires ; le scrupuleux est guidé par un certain égoïsme qui lui fait désirer trop ardemment d'être sûr de posséder l'état de grâce. b) La conscience délicate, ayant horreur du péché et connaissant sa faiblesse, a une crainte fondée, mais non troublante, de déplaire à Dieu ; le scrupuleux entretient des craintes futiles de pécher en toute circonstance. c) La conscience timorée sait maintenir la distinction entre le péché mortel et véniel, et, en cas de doute, se soumet immédiatement au jugement de son directeur ; le scrupuleux discute âprement avec son directeur et ne se soumet que difficilement à ses décisions. S'il faut éviter avec soin le scrupule, il n'est rien de plus précieux au contraire qu'une conscience délicate.
II. Objet du scrupule
940. 1° Parfois le scrupule est universel et se porte sur toutes sortes de sujets ; avant l’action, il grossit démesurément les dangers qui peuvent se rencontrer en telle ou telle occasion d'ailleurs fort innocente ; après l'action, il peuple l'âme d'inquiétudes mal fondées et persuade aisément à la conscience qu'elle s'est rendue gravement coupable.
941. 2° Plus souvent il porte sur un certain nombre de sujets particuliers : a) Sur les confessions passées : même après avoir fait plusieurs confessions générales, on n'est pas satisfait, on craint de n’avoir pas tout accusé, ou d'avoir manqué de contrition, et on veut toujours recommencer ; b) sur les mauvaises pensées : l'imagination est remplie d'images dangereuses ou obscènes, et, comme elles produisent une certaine impression, on craint d'y avoir consenti, on en est même certain, bien qu'elles déplaisent infiniment ; c) sur des pensées de blasphème : parce que ces idées traversent l'esprit, on est persuadé qu'on y a consenti, malgré toute l'horreur qu’on en éprouve ; d) sur la charité : on a entendu des médisances sans protester énergiquement, on a manqué au devoir de la correction fraternelle par respect humain, on a scandalisé le prochain par des paroles indiscrètes, on a vu un attroupement et on n'est pas allé voir s'il n'y avait pas quelque accident de personne nécessitant l'intervention d'un prêtre pour donner l'absolution, et en tout cela on voit de gros péchés mortels ; e) sur les espèces consacrées qu'on craint d'avoir touché indûment, et on veut purifier ses mains, ses vêtements ; f) sur les paroles de la consécration, sur la récitation intégrale de l'office divin, etc...
III. Inconvénients et avantages du scrupule
Quand on a le malheur de se laisser dominer par les scrupules, ils produisent sur le corps et l'âme des effets déplorables : a) Ils amènent graduellement un affaiblissement et un certain déséquilibre du système nerveux : les craintes, les angoisses incessantes exercent une action déprimante sur la santé du corps ; elles peuvent devenir une véritable obsession et amener une sorte de monoidéisme, voisin de la folie. b) Ils aveuglent l'esprit et faussent le jugement : on perd peu à peu la faculté de discerner ce qui est péché de ce qui ne l'est pas, ce qui est grave de ce qui est léger ; l'âme devient un navire sans gouvernail. c) L'indévotion du cœur en est souvent la suite à force de vivre dans l'agitation et le trouble, on devient terriblement égoïste, on se défie de tout le monde, de Dieu lui-même qu'on estime trop sévère ; on se plaint de ce qu'il nous laisse en ce malheureux état, on l'accuse injustement; il est évident que la vraie dévotion est alors impossible. d) Enfin viennent les défaillances et les chutes. 1) Quand on est scrupuleux, on use ses forces en efforts inutiles sur des minuties, et on n'en a plus assez pour lutter sur des points de grande importance : car l'attention ne peut se porter avec intensité sur toute la ligne. De là des surprises, des défaillances et parfois des fautes graves. 2) D'ailleurs on cherche instinctivement un soulagement à ses peines, et, comme on n'en trouve pas dans la piété, on va le chercher ailleurs, dans des lectures, des liaisons dangereuses : c'est parfois l'occasion de fautes déplorables, qui jettent dans un profond découragement.
943. 2° Mais si on sait accepter les scrupules comme une épreuve, et s'en corriger peu à peu, avec l'aide d'un sage directeur, ils ont au contraire des avantages précieux. a) Ils servent à purifier l'âme : on s'applique en effet à éviter les moindres péchés, les moindres imperfections volontaires, et ainsi on acquiert une grande pureté de cœur. b) Ils nous aident à pratiquer l'humilité et l'obéissance, en nous obligeant à soumettre nos doutes à notre directeur en toute simplicité, et à suivre ses avis avec une pleine docilité non seulement de la volonté mais du jugement. c) Ils contribuent à nous donner une pureté d'intention plus grande, en nous détachant des consolations spirituelles pour nous attacher uniquement à Dieu qu'on aime d'autant plus qu'il nous éprouve davantage.
IV. Remèdes du scrupule
944. C'est dès le début qu'il faut combattre le scrupule, avant qu'il ne soit profondément enraciné dans l'âme. Or le grand et, à vrai dire, l'unique remède, c'est l'obéissance pleine et absolue à un sage directeur : la lumière de la conscience s'étant obscurcie, il faut avoir recours à une autre lumière ; un scrupuleux, c'est un navire sans gouvernail ni boussole : il faut le prendre en remorque. Le directeur doit donc gagner la confiance du scrupuleux et savoir exercer son autorité sur lui pour le guérir.
945. 1° Avant tout il faut gagner sa confiance : car on obéit facilement à celui en qui on a mis sa confiance. Mais ce n'est pas toujours chose facile : sans doute les scrupuleux sentent instinctivement le besoin d'un guide ; mais quelques-uns n'osent pas s'abandonner complètement à lui : ils veulent bien le consulter, mais aussi discuter les raisons. Or il ne faut pas discuter avec un scrupuleux, il faut lui parler avec autorité, en lui disant nettement ce qu'il doit faire. Pour inspirer cette confiance, il doit la mériter par sa compétence et par son dévouement.
a) Il laissera d'abord parler le pénitent, en intercalant seulement quelques remarques pour montrer qu'il a bien compris ; il posera ensuite quelques questions, auxquelles le scrupuleux n'aura qu'à répondre oui ou non, et dirigera ainsi lui-même l'examen méthodique de sa conscience. Puis il ajoutera : je comprends votre cas, vous souffrez de telle ou telle manière. C'est déjà un immense soulagement pour le pénitent de voir qu'il est bien compris, et parfois c'en est assez pour qu'il donne complètement sa confiance.
b) A la compétence il faut joindre le dévouement. Le directeur se montrera donc patient, écoutant sans sourciller les longues explications du scrupuleux, au début du moins ; bon, s'intéressant à cette âme et manifestant le désir et l'espoir de la guérir ; doux, ne parlant pas d'un ton sévère et âpre, mais avec bonté, même lorsqu'il est obligé d'employer le langage impératif. Rien ne gagne plus la confiance que ce mélange de fermeté et de bonté.
Quand on a gagné la confiance, il faut exercer son autorité et exiger l'obéissance, en disant au scrupuleux : si vous voulez guérir, il faut obéir aveuglement : en obéissant, vous êtes en toute sécurité, même si votre directeur se trompe, car Dieu ne vous demande en ce moment qu'une chose, obéir. C'est tellement vrai que si vous croyez ne pas pouvoir m'obéir, il faut aller trouver un autre directeur : seule l'obéissance aveugle vous guérira, mais elle vous guérira certainement.
a) En donnant ses ordres, le confesseur doit parler net, avec clarté et précision, en évitant toute équivoque; d'une façon catégorique, non pas au conditionnel : si cela vous inquiète, ne le faites pas ; mais d'une façon absolue faites ceci, évitez cela, méprisez telle tentation.
b) La plupart du temps il ne faut pas motiver les décisions, surtout, au début ; plus tard, quand le scrupuleux pourra en comprendre, en sentir la force, on donnera brièvement la raison, pour lui former, peu à peu, la conscience. Mais surtout pas de discussion sur le fond même de la décision : si un obstacle s’opposait pour le moment à son exécution, on en tient compte ; mais la décision demeure.
c) Il ne faut donc pas se déjuger : avant la décision, on réfléchit bien, et on ne donne pas d’ordres qu’on ne puisse maintenir ; mais l'ordre donné, on ne le révoque pas, tant qu'il n'y a pas un fait nouveau qui nécessite un changement.
d) Pour s'assurer si l'ordre est bien compris, on le fait répéter, et alors il ne reste plus qu'à le faire exécuter. C'est difficile, le scrupuleux reculant parfois devant l'exécution comme le condamné devant le supplice. Mais on lui déclare nettement qu'il devra en rendre compte ; s'il n'a pas suivi l'avis, on ne l'écoutera que lorsqu'il l'aura exécuté. Il y a donc lieu de répéter plusieurs fois la même prescription, jusqu'à ce qu'elle soit bien exécutée ; on le fait, sans impatience, mais avec une fermeté croissante, et le scrupuleux finit par obéir.
Le moment venu, le directeur inculque le principe général qui permettra au scrupuleux de mépriser tous les doutes ; au besoin il le dictera sous cette forme ou toute autre analogue : « Pour moi, en fait d'obligation de conscience, il n'y a que l'évidence qui compte, c'est-à-dire une certitude excluant tout doute, une certitude calme et pleine, aussi claire que deux et deux font quatre ; je ne puis donc commettre un péché mortel ou véniel que si j'ai la certitude absolue que l'action que je vais faire est pour moi défendue sous peine de péché mortel ou véniel, et que, le sachant bien, je veuille cependant la faire quand même. Je ne ferai donc aucune attention aux probabilités, si fortes soient-elles, je ne me croirai lié que par l'évidence claire et certaine ; en dehors de là, point de péché. Quand le scrupuleux se présentera en affirmant qu'il a commis une faute vénielle ou mortelle, le confesseur lui dira : Pouvez-vous affirmer, sur la foi du serment, que vous avez vu clairement avant d'agir que cette action était un péché, et que, l'ayant vu clairement, vous y avez donné un plein consentement ? Cette question précisera la règle et la fera mieux comprendre.
Il faut enfin appliquer ce principe général aux difficultés particulières qui se présentent.
a) Par rapport aux confessions générales, après en avoir permis une, on ne permettra plus d'y revenir que s'il y a évidence sur ces deux points : 1) un péché mortel certainement commis, et 2) la certitude que ce péché n'a jamais été accusé dans aucune confession valide. Du reste, au bout de quelque temps, le confesseur dira qu'il ne faut plus du tout revenir sur le passé, et que si quelque péché avait été omis, il se trouve pardonné avec les autres.
b) En ce qui concerne les péchés intérieurs de pensées et de désirs, on donnera cette règle : pendant la crise, détournez votre attention en pensant à autre chose ; après la crise, ne pas s'examiner pour voir si on a péché (ce qui ramènerait la tentation), mais poursuivre son chemin en vaquant à ses devoirs d'état, et communier, tant qu'on n'a pas l'évidence d'avoir donné un plein consentement .
c) La communion est souvent une torture pour les scrupuleux : ils craignent de n'être pas en état de grâce ou de n'être pas à jeun. Or 1) la peur de n'être pas en état de grâce prouve qu'ils n'ont pas de certitude là-dessus ; donc ils doivent communier, et la communion les mettra en état de grâce s'ils n'y sont pas ; 2) le jeûne eucharistique ne doit empêcher les scrupuleux de communier que lorsqu'ils sont absolument certains de l'avoir rompu.
d) La confession est encore pour eux une plus grande torture ; il importe donc de la leur simplifier. On leur dira donc : 1) vous n'êtes tenu que d'accuser les fautes certainement mortelles ; 2) pour les fautes vénielles, ne mentionnez que celles qui vous viendront à l'esprit après cinq minutes d'examen ; 3) pour la contrition, vous consacrerez sept minutes à la demander à Dieu et à vous y exciter, et vous l'aurez ; - mais je ne la sens pas : - ce n'est pas nécessaire, la contrition étant un acte de la volonté qui ne tombe pas sous la sensibilité. - En certains cas même, quand le scrupule est très intense, on prescrira aux pénitents de se contenter de cette accusation générique : je m'accuse de tous les péchés commis depuis ma dernière confession et de tous ceux de ma vie passée.
Réponse aux difficultés.
Parfois le pénitent dira au confesseur : vous me traitez en scrupuleux ; or je ne le suis pas. On répondra : Ce n'est pas à vous d'en juger, c’est à moi. Etes-vous bien sûr de n'être pas scrupuleux ? Etes-vous comme tout le monde, calme, tranquille après vos confessions ? N'avez-vous pas des doutes, des angoisses que la plupart des gens n'ont pas ? Vous n'êtes donc pas dans un état d'âme normal ; il y a en vous un certain déséquilibre, au point de vue physique et moral ; vous avez donc besoin d'un traitement spécial ; obéissez donc sans discuter, et vous guérirez ; sinon, votre état ne peut que s’aggraver. C'est par ces moyens et d'autres analogues qu'on finit, avec la grâce de Dieu, à guérir cette désolante maladie du scrupule.
- Pr. Adolphe Tanquerey (Tratat de ascetică şi mistică) -
SCRUPULE - strategii cheie pentru învingerea lor (engleză)
Scruples are a disease, physical and moral, which produces a sort of derangement of conscience, and causes one to harbor vain fears, of having offended God.This disease is not restricted , to beginners; still, it is found in
them as well as in the more advanced souls. Hence, we must say a word about them and explain:
1.the nature,
2. the object,
3. the disadvantages and advantages of scruples,
and
4. the remedies against them.
1. Nature of Scruples
The term scruple (from the Latin scrupulus, pebble)
was employed for ages past to designate a small weight under
which only the most sensitive scales would tilt. In the
moral sense, it stands for some trifle which only the most
delicate conscience would notice. Hence, this word has
come to be commonly used to designate the anxiety about
having offended God which certain souls feel for little or no'
reason. The better to know the nature of scruples we shall
explain their origin, and degrees, as well as the distinction
between a scrupulous and a delicate conscience.
Origin.
Scruples arise sometimes from purely
natural causes and sometimes they are due to supernatural intervention.
a) From a natural point of view, scruples are often
a physical and moral disease.
1 ) The physical ailment which
brings about this disorder is a sort of nervous depression,
which hinders a well-balanced decision on moral questions
and tends to produce without solid reasons the obsessing
idea that one has sinned.
2) There are also moral causes
which produce the same effect, such as a meticulous mind,
a mind that loses itself amid the most trifling details, that
wants to reach absolute certitude in all things; a beclouded
mind, that represents God not as a just judge, but as
a merciless one ; a mind that confuses feeling with consent
in human acts, and imagines, that because the imagination
has been for long alive to vivid impressions, sin has been
committed ; an obstinate mind, that prefers its own judgment
to that of the confessor for the very reason that it lets itself
be led by impressions rather than by reason.
When these two causes, physical and moral, are present,
the evil is more deeply rooted and the cure is more difficult.
b) Scruples can also arise from a preternatural
intervention on the part of God or of the devil.
1) God allows us to be thus obsessed either as a punish-
ment, chiefly of our pride, of pur inclinations to vain
complacency, or as a trial, to make. ..us expiate our past
faults, to detach us from spiritual consolations, and bring
us to a higher degree of sanctity. This is the case espe-
cially with the souls whom He wants to fit for contem-
plation, as - we shall explain when treating of the uni-
tive way.
2) The devil also at times injects his activity into the
morbid predisposition of our nervous system in order to
create a turmoil in our souls. He persuades us that we are
in the state of mortal sin in order to hinder us from receiv-
ing Holy Communion, or to hamper us in the discharge of
our duties of state; above all, he strives to deceive us as to
the gravity of some act or other in order to make us sin,
because of a false conscience, even when there is no matter
for sin and much less for grievous sin.
Degrees.
Evidently there are many degrees
in scruples:
a) At the outset it is simply question of a me-
ticulous conscience, extremely fearful, which sees sin where
sin does not exist;
b) then it is a matter of transient
scruples which one submits to the judgment of one's spiri-
tual director, accepting forthwith his decision;
c) lastly, it
is a case of scruples properly so called, tenacious and
obstinate.
Distinction between a Scrupulous and a Delicate Conscience.
a) Their genesis or starting-point is not the same.. The
delicate conscience loves God ardently and, in order to
please Him, wants to avoid the least fault, the slightest
wilful imperfection. The scrupulous" conscience is led, on
by a certain egotism which causes an inordinate eagerness
for absolute certainty of one's state of grace.
b) The delicate conscience, possessed of a horror of sin and
knowing its own feebleness, has a rational, yet quiet fear of
displeasing God; the scrupulous conscience harbors vain
fears of sinning in every circumstance.
c) The tender conscience knows how to discriminate
between mortal and venial sin, and, in case of doubt, abides
by- the judgment of the spiritual director; the scrupulous
conscience peevishly questions the decisions of the spiritual
director and submits to them only with difficulty.
Whilst scruples are a real evil to be carefully avoided,
there is nothing more precious than a delicate conscience.
Sometimes scruples are universal, bearing on
all subjects. Before an action, they magnify beyond all
proportion the dangers that may be encountered in this or
that circumstance; after an action, they fill the soul with
groundless anxieties and easily convince it of having sinned
gravely.
More often scruples bear upon a number of
particular subjects .
a) Past confessions: even after having made several general confes-
sions, one is not satisfied, one fears lest all has not been accused, or
lest sorrow has been defective, and one wants always to begin all 'over
again
b) Evil thoughts: the imagination is filled with dangerous or
obscene thoughts, and since these make a certain impression, one fears
one has given consent, nay one is sure of having consented, although
one was quite displeased at them
c) Blasphemous thoughts : because
such ideas cross the mind, one is persuaded of having acquiesced
in spite of the horror one experiences,
d) The virtue of charity:
one has for instance, listened to conversations against the neighbor
without protesting; one has, through human respect, neglected the
duty of fraternal correctiqn, one has scandalized the neighbor by
indiscreet talk, or, one has failed, upon witnessing a crowd congregate,
to ascertain whether an accident had occurred where the ministrations
of a priest might have been needed to give absolution 1 to the dying; in
all this, grievous sins are seen, e) The correct pronunciation and
enunciation of the words of Consecration, the integral recitation of the
Divine Office, etc...
Disadvantages and Advantages of Scruples
When one has the misfortune of allowing
oneself to be governed ^by scruples, baneful effects follow
for body and soul :
a) Scruples gradually induce a weakening and a certain
unbalancing of the nervous system. Fears and continual
anguish exercise a depressing action on bodily health; they
may even become a real obsession and bring about a species
of monomania, bordering on insanity.
b) Scruples becloud the mind and distor t the judgment :
little by little one loses the ability to discern between what
is sin and what is not sin, what is grievous and what slight ;
and the soul becomes much like a ship -without a rudder.
c) Loss of true devotion is often the sequel. The strain
of living in anxiety and vexation turns one into a terrible
egotist for whom everybody becomes an object of mistrust,
even God, Whom one deems too severe. Complaints arise
that He leaves one in that wretched state. Evidently, the
heart is incapable then of any genuine devotion.
d) Finally, come faults and even grave falls.
The scrupulous spend their strength in useless efforts over trifles,
and retain but little energy to meet important issues, for
the attention cannot be directed to bear with equal inten-
sity upon the entire line of battle. Hence, surprises, faults
and at times even grievous sins.
Besides, they instinctively seek relief for their sorrows ; but finding no solace in
piety, they seek it elsewhere, in reading and in associations
that are dangerous. This is sometimes the occasion of
lamentable falls which throw them into a deep state of
dejection.
On the other hand, if we know how to accent
scruples as a trial, and to correct them gradually with the
help of a wise spiritual director we derive from them price-
less advantages.
a) They serve to purify the soul. By being -intent on
avoiding the least sin and the least wilful imperfection, we
acquire a great purity of heart.
b) They lead us to the actual exercise of humility and
obedience by obliging us to refer our doubts in all simplicity
to our spiritual director, and to follow his counsel with
entire submission not only of will, but of judgment.
e) They contribute to increase the purity of our intentions
v by detaching us from spiritual comforts arid by having us
cling solely to God for Whom our love increases the 'more
He puts us to the test.
Scruples must be attacked before they take deep
root in the soul. Now the great remedy and indeed the
only remedy is obedience, full and absolute obedience to
an enlightened spiritual director. The light of conscience
has become dim and we must seek enlightenment elsewhere.
A scrupulous person is exactly- like a ship without rudder
or compass. The spiritual director, therefore, must win his
confidence and must know how to wield authority over him
if he is to effect a cure.
Before all else, it is necessary to gain his confid-
ence; for we do not easily obey those whom we do not
trust. This, however, is not always easily accomplished.
True, the scrupulous soul instinctively feels the need of
a guide, but some scrupulous persons do not dare abandon
themselves entirely to the said guide ; they want to consult,
indeed, but also to discuss the reasons. Now, one must not
enter into any discussion with the scrupulous, but speak to
them with authority, telling them categorically what they
must do.
To inspire this confidence the spiritual director must merit
it both by his competence and his devotedness.
a) He will allow the penitent to speak first, limiting
himself to a few. remarks here and there to show that he
has thoroughly understood. After that he will put a few
questions to the penitent, to which the latter will answer yes
or no, and thus the director will himself conduct the metho-
dical examination of the penitent's conscience. Then he
will add : I understand your case, you suffer in this or that
manner. To see that he has been well understood is
already a great comfort to the penitent, and at times-
suffices to win his confidence.
b) Devotedness must be joined to competence. The
spiritual director should therefore show himself patient,
listening quietly to the lengthy explanations of the peni-
tent, at least at the beginning. He must be kind, taking an
interest in that soul and expressing the desire and the hope
of curing it. He must be gentle, refraining: from taking
a tone of severity or harshness, even when he is obliged to
use the language of authority. Nothing wins confidence
better than this union of kindness and firmness.
Once the spiritual director has: gained the
confidence of his penitent, he must exercise his authority
and exact obedience, saying : If you want to be cured you
must obey blindly : in obeying you are always safe, even if
your spiritual director be mistaken, for God demands of
you only one thing just now, and that is obedience. . This
is so true that if you think that you cannot obey me, you
Taking into account his physiological state in consultation, perhaps,
with a doctor.
Must seek another spiritual director. Blind obedience alone
can cure you, and it will certainly do so.
a) In giving his orders the spiritual director must be
direct, clear and precise, avoiding any equivocation ; he must
be positive, speaking categorically, never conditionally ; for
instance, he will not say: If that disturbs your peace, do
not do it; rather he will say: Do this, avoid that, spurn
such temptation.
b) Generally no reasons must be given for the decisions,
especially at the beginning. Later on when the scrupulous
penitent is capable of understanding them, and of feeling
their weight, the director should briefly state these reasons
in order to form his conscience little by little. But there
must be no discussion of the decision itself. If there be any
obstacles to prevent its immediate execution, they are to be
taken into account, but the decision stands.
c) The spiritual director must not reverse his judgments.
Before giving a decision he considers it fully, and gives no
orders that he cannot insist upon; but once an order has
been given, it must not be revoked so long as there is no
new fact requiring a change.
d) To ascertain if the order has been clearly understood,
penitents should be asked to restate it, and then it but
remains to have them carry it .out. This is difficult; but
they must be plainly told that they must report on it,
and that if they have failed to- follow the advice given, they
will not be listened to until they have complied. There will
be ample opportunity, therefore, to repeat the same injunc-
tion many times. This is to be done without losing
patience, but with increasing firmness, and in the end the
scrupulous persons will yield obedience.
When the moment arrives, the spiritual director
must inculcate the general principle that will enable
scrupulous penitents to disregard, all doubts if need be,
he will have them put this principle in writing in this or a
similar form : in conscience, bound to take only evidence
into account, that is to say, a certitude that excludes
all doubt, a certitude as clear as the one" that tells me
that two and two make four. I cannot, therefore, commit
a sin either mortal or venial, unless I am absolutely certain
that the action I am to perform is forbidden under pain of
mortal or venial sin, and that .fully aware of this fact, I will
nevertheless to do it just the same. I will, therefore, pay
no attention whatsoever to probabilities, no matter how
strong they may be, I will hold myself bound solely by
clear-cut "and positive evidence. Barring such, there is no
sin. When the penitent proceeds to accuse himself of having
committed a venial or a mortal sin, the confessor must ask :
Can you affirm under oath that before acting you saw clearly -
that, this action was a sin and that seeing this you gave full
consent? Such a question will give precision to the general
principle laid down and will make it better understood.
Lastly, this general principle must be applied to the specific difficulties that arise.
a) With regard to a general confession after allowing it
once, the confessor should permit no repetition except when
there is certainty, on these two points : a mortal sin was
committed, and this sin has never been accuseds any valid
confession. As for the rest, after a certain lapse of time
the spiritual director should declare that the past must not
be touched upon under any circumstances and that, should
some sin have been omitted, it has been already pardoned
along with the others.
b) With regard to interior sins, thoughts and desires, the
following rule should be given during the crisis, divert your
attention by thinking of any other thing; after the crisis, do
not .examine yourself to see if you have sinned or not (this
would bring back the temptation), but pursue the even tenor
of your way by devoting yourself to your duties of state,
and receive Holy Communion as long as there is no evidence
that you have given full consent .
c) Communion is often a torture to the scrupulous.
They fear lest they be not in the state of grace or be not fast-
ing. Now, the fear lest they be not in the state of grace
proves that they are not certain of that fact ; hence, they
should after a sincere act of contrition approach the
Sacrament of the Altar; this contrition together with Holy
Communion will put them in the state of grace if they are
not in it. The Eucharistic fast must not prevent the
scrupulous from receiving Holy Communion unless they are
absolutely certain of having broken it.
d) Confession for the scrupulous is a still greater torture,
and therefore, it must be simplified for them. They should
be told: You are not bound to accuse any except mortal
sins. As to venial faults ,, make "mention only of those
that happen, to come to your mind during, your short exa-
mination of conscience, which should not exceed five
minutes. With regard to contrition, devote a little longer
time to ask it of God and to excite yourself to it, and then
you will have it. Should the penitent answer: " I don't
feel sorry", the confessor should reply that sorrow to be real
need not be felt, since it is an act of the will which has
nothing to do with feeling. In certain cases, when acruples
are very intense, one must go further and prescribe to the
penitent that he limit himself to this generic accusation:
"I accuse myself of all the sins committed since my last
confession and of all those of my past life, especially
against this or that virtue."
Replying to Difficulties.
Sometimes a penitent will say to his confessor : You take me for scrupulous,
whereas I am not. The confessor will answer: It is not for
you but for your confessor to decide that. Are you abso-
lutely sure that you'are not scrupulous? Are you calm and
at peace after making your confessions? Are you not
troubled with such doubts and worries as most persons
never experience? You are, therefore, not in a normal
state; you are affected with some physical and moral
disturbance, and therefore, need special treatment. Obey
without argument, and you will be cured ; otherwise your
trouble will only be aggravated.
By this and other like means one finally succeeds, with
God's grace, in curing this distressing malady of scruples.
- Pr. Adolphe Tanquerey (Tratat de ascetică şi mistică) -
duminică, 13 noiembrie 2011
Cum s-ar putea face distincţia între atracţia naturală şi cea supranaturală în cadrul consilierii spirituale?
Sf. Ioan al Crucii ne dă un criteriu de discernământ deosebit de clar şi de important în acest sens. El spune aşa: "Când iubirea pe care o avem faţă de o persoană este o afecţiune pur spirituală şi întemeiată doar pe Dumnezeu singur, pe măsură ce ea creşte, iubirea faţă de Dumnezeu creşte de asemenea în sufletul nostru. Cu cât inima îşi aminteşte mai mult de acea persoană, cu atât mai mult îşi aminteşte de Dumnezeu şi Îl doreşte - aceste două iubiri cresc una pe măsura celeilalte."
Iar Sf. Tereza de Avila adaogă: "Sufletele pe care Dumnezeu le ridică la această stare spirituală sunt suflete generoase, suflete regale. Ele nu îşi mai găsesc deloc bucuria în a iubi ceva atât de neînsemnat precum trupurile noastre, în pofida frumuseţii şi a graţiilor cu care sunt împodobite. Ar putea desigur să le găsească plăcute la vedere şi să se simtă îndemnate a-L lăuda pe Creator, dar niciodată nu s-ar putea opri asupra lor cu o plăcere păcătoasă... Fericite sufletele care sunt obiectul iubirii unor astfel de suflete! Fericită ziua în care le-au întâlnit! O, Domnul meu, nu mi-ai acordat Tu harul de a mă fi văzut astfel iubită de un mare număr dintre ele? Da, Doamne, acest lucru e mai de dorit pentru mine decât faptul de a fi iubită de către toţi regii şi prinţii din lume şi e un lucru drept, pentru că astfel de suflete nu pierd nicio ocazie de a ne ajuta să depăşim ceea ce este lumesc… Când veţi găsi surorilor, un sfânt ridicat [de Domnul] la o astfel de iubire, Maica superioară să nu piardă nicio ocazie de a vă ajuta să vorbiţi despre sufletul vostru împreună cu el. Iubiţi-l oricât voiţi, cu atât mai mult cu cât astfel de sfinţi sunt întâlniţi atât de rar… Unii vă vor spune repede că acest lucru nu e necesar, că Dumnezeu singur vă este de ajuns. Eu răspund că o modalitate excelentă de a ne bucura de intimitatea lui Dumnezeu este aceea de a ne întreţine cu sfinţii Lui… O ştiu din experienţă. Căci dacă nu sunt în iad, după Dumnezeu, datorez acest lucru sufletelor deosebite de care vă vorbesc.”